En effet, prendre la relève d'un écrivain aussi visionnaire et talentueux que Frank Herbert n'est pas une mince affaire. Néanmoins, il semble que ses successeurs l'aient plutôt bien compris : plutôt que de se contenter de faire une pâle imitation, B. Herbert et K.J. Anderson utilisent leur propre style d'écriture, davantage centré sur l'action que sur la réflexion. Leurs descriptions sont moins imagées et leurs réflexions moins profondes. Mais, même s'ils ne jouent pas tout à fait dans la même cour, Legends Of Dune : The Butlerian Jihad retrace une histoire en cohérence avec l'oeuvre de Frank Herbert. Dans l'ensemble, ça se lit bien, et ce livre joue le rôle qu'on pouvait attendre : introduire les différentes spécificités de l'univers de Dune, et mettre en place l'intrigue pour les deux autres volumes (Legends Of Dune étant une trilogie).

Sur le fond, l'aventure se déroule deux milliers d'années après notre ère. Les machines contrôlent de nombreuses planètes précédemment colonisées par l'humanité, réunies sous le nom des Mondes Synchronisés. Chaque monde est dirigé par Omnius, une entité qui orchestre le comportement de chaque machine et qui a réduit l'humanité à l'esclavagisme. Cette dernière s'est exilée sur d'autres mondes où elle s'est peu à peu installée et regroupée en une alliance, la Ligue des Nobles, qui tente tant bien que mal de se préparer à un assaut des machines.

L'histoire ne se résume pas seulement à une confrontation militaire. En particulier, elle met en scène des face à face homme/machine qui mettent en lumière leurs différences comportementales. Dans l'ensemble cela n'a rien de transcendant, mais si l'on met de côté toute pensée "puriste", ce roman qui mérite d'être lu est loin d'être si mauvais que certains passionnés de Dune ne le laissent entendre.